Le temps de la réflexion

Sans critique ni préjugé d’aucun ordre, nous ne pouvons que faire le constat qu’il se passe quelque chose de nouveau. Nous nous pensions à l’abri des catastrophes, des guerres, des épidémies. MAIS ce n’est plus le cas. La crise sanitaire que nous vivons est certes probablement passagère mais est également le signal que nous vivons une mutation.

Pour la première fois depuis des décennies, l’économie mondiale ralentit, l’homme a arrêté de voyager. Un virus minuscule a forcé le mastodonte qu’est la mondialisation à freiner des quatre fers, chose que nous pensions, il y a peu, totalement impossible. Pour ce faire, ce petit virus a utilisé ce qui est au cœur même de ce mouvement mondial : la globalisation avec ses voyages massifs de personnes à n’en plus finir au quatre coins du monde à un rythme effréné à des fins tant économiques que de loisirs.

Il serait confortable de se dire que dans quelques temps, tout reprendra comme avant. C’est une pensée rassurante en ces moments où l’incertitude et la peur ont le dessus. Nous aussi, nous aimerions nous dire que dans quelques semaines, nous reprendrons notre vie exactement de la même manière qu’avant, voire même que nous irons acheter tout ce que nous n’avons pas pu acheter et que nous ferons tout ce que nous n’avons pas pu faire. Mais c’est nier ce que cette crise est : un signal d’alarme.  C’est une invitation, certes un peu violente, à faire autrement pour éviter que cela ne se reproduise, pour éviter les morts, les souffrances, les difficultés financières, le sacrifice des services de secours et du personnel hospitalier, l’inquiétude latente. NOUS ne voulons plus revivre cette situation et NOUS voulons faire ce qu’il faut pour l’éviter à l’avenir.

Arrivent alors les questions. Pour aller où ? Pour changer quoi ?  C’est à peine si nous osions nous poser ces questions car nous n’avions pas de réponse, pas de piste de réflexion. Nous n’avions pas non plus l’envie d’ajouter à l’angoisse et aux changements du quotidien, le constat d’être dans un cul-de-sac réflexif.
Aujourd’hui, nous avons découvert un article de Bruno LATOUR qui propose de se poser quelques questions, certes pas toujours simples, mais qui ont le mérite de nous orienter pour comprendre où chacun d’entre nous, dans ce qu’il est, est prêt à aller. Nous vous en livrons quelques-unes simplifiées afin d’orienter peut-être votre réflexion, peut-être vous aideront-elles comme nous :

  • Question 1 : Quelles sont les activités actuellement suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?
  • Question 2 : Pourquoi cette activité vous apparaît nuisible/ superflue/ dangereuse/ incohérente ?
  • Question 3 : En quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ?
  • Question 4 : Quelles sont les activités actuellement suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent/ reprennent ou celles qui devraient être inventées en remplacement ?
  • Question 5 : Décrivez pourquoi ces activités vous apparaissent positives ?
  • Question 6 : Comment ces activités rendent plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez ?

Nous vous invitons à réfléchir à ces quelques questions et à nous envoyer votre ressenti.

Attention : ceci n’est pas un questionnaire, il ne s’agit pas d’un sondage. C’est une aide à l’auto-description. Il s’agit de faire la liste des activités dont vous vous sentez privées par la crise actuelle et qui vous donne la sensation d’une atteinte à vos conditions essentielles de subsistance. Pour chaque activité, pouvez-vous indiquer si vous aimeriez que celle-ci reprenne à l’identique (comme avant), mieux, ou qu’elles ne reprenne pas du tout.

Bruno LATOUR propose d’y répondre individuellement et ensuite de comparer les réponses entre elles. Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à nous contacter pour que nous échangions sur ce que nous avons répondu.

Nous ne savons pas où nous allons, mais nous savons que notre responsabilité est de faire quelque chose pour que cela ne se reproduise pas !

Vous pourrez trouver l’article et toutes les questions de Bruno Latour ici.